Pour comprendre la ménopause et ses symptômes, il est essentiel de s’intéresser au rôle central des ovaires et des hormones féminines. La ménopause marque en effet l’arrêt progressif puis définitif de l’activité ovarienne entraînant une profonde transformation de l’équilibre hormonal : chute des œstrogènes, de la progestérone et dans une moindre mesure de la testostérone.

Ces hormones, produites principalement par les ovaires tout au long de la vie reproductive, ne se limitent pas à réguler la fertilité. Elles influencent aussi la sexualité, l’humeur, le sommeil, le métabolisme et bien d’autres fonctions corporelles. Leur baisse progressive explique les symptômes souvent rencontrés pendant cette période : bouffées de chaleur, sécheresse vaginale, troubles de l’humeur ou baisse du désir.

La ménopause affecte votre bien-être et votre vie intime ? Sexologue clinicienne à Saint-Cloud, je vous accompagne afin de comprendre et d’apprivoiser les transformations liées à la ménopause et leur répercussion sur votre sexualité. Je suis également à vos côtés pour vous aider à retrouver un bien-être émotionnel, relationnel et intime.

Rôle des ovaires dans la production des hormones sexuelles féminines

Les ovaires sont des glandes sexuelles féminines essentielles à la reproduction et à la production des hormones sexuelles. Situés de part et d’autre de l’utérus, dans la cavité pelvienne, ils remplissent une double fonction. Elles libèrent les ovocytes et sécrètent des hormones (œstrogènes, progestérone, et en plus faible quantité, testostérone).

Un stock d’environ un million d’ovocytes

À la naissance, les ovaires contiennent un stock d’environ un million d’ovocytes immatures logés dans les follicules. Ce nombre diminue naturellement à environ 600 000 – 700 000 à la puberté (les ovocytes non utilisés dégénèrent progressivement via un processus appelé atrésie, un mécanisme naturel d’élimination cellulaire). Le stock continue de décroître à chaque cycle menstruel. Chaque mois, quelques dizaines de follicules entament leur maturation sous l’effet des hormones. Généralement un seul ovocyte arrive à maturité et est libéré lors de l’ovulation.
Si cet ovocyte n’est pas fécondé, la muqueuse utérine qui s’était épaissie pour accueillir une grossesse potentielle se détache et s’écoule sous forme de sang et de tissus : ce sont les règles.

En parallèle de cette activité cyclique, les ovaires sécrètent des hormones sexuelles qui régulent le cycle menstruel, préparent l’organisme à une éventuelle grossesse et influencent l’ensemble de l’équilibre corporel et émotionnel.

Diminution du stock folliculaire

Au fil du temps, avec la diminution du stock folliculaire, les ovaires ne parviennent plus à libérer un ovocyte à chaque cycle. Cette irrégularité provoque une désorganisation hormonale → entrée dans la péri ménopause. Les taux d’œstrogènes commencent à fluctuer fortement tandis que la progestérone diminue de manière plus régulière. Ces variations hormonales peuvent entraîner des règles irrégulières ou abondantes ainsi que l’apparition, chez certaines femmes, de symptômes physiques, émotionnels ou sexuels (bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, fatigue, troubles du sommeil, irritabilité, impression de « brouillard cérébral »… et troubles génito-urinaires). La péri ménopause dure en moyenne entre 2 et 4 ans.

Lorsque le stock de follicules est épuisé, les ovaires cessent définitivement de produire des ovocytes et leurs sécrétions hormonales chutent. L’ovulation et les règles s’arrêtent. Cela marque la fin définitive de l’activité ovarienne et s’accompagne d’une chute durable de la production des hormones sexuelles. On considère qu’une femme est ménopausée lorsqu’elle n’a plus eu de règles pendant 12 mois consécutifs.

La postménopause désigne la période qui suit la ménopause, c’est-à-dire après 12 mois consécutifs sans règles.

Les ovaires : source principale de production des hormones féminines mais pas les seuls !

Avant la ménopause, les ovaires assurent la majeure partie de la synthèse des œstrogènes, de la progestérone et même d’une petite quantité de testostérone. Cependant, d’autres organes et tissus contribuent aussi à cet équilibre hormonal.

Même après la ménopause, notre corps continue donc de produire des hormones bien qu’en quantités plus limitées. Les ovaires cessant leur activité, les glandes surrénales et le tissu adipeux deviennent alors la source principale.

Rôles des hormones sexuelles féminines

Les deux principales hormones féminines sont les œstrogènes et la progestérone. Elles sont toutes les deux sécrétées par les ovaires. La sécrétion des œstrogènes et de la progestérone suit un rythme précis et identique, celui du cycle menstruel. Bien que la testostérone soit considérée comme une hormone masculine, les femmes en produisent également et en ont besoin en petite quantité.

Les œstrogènes (Estradiol, Estrone et Estriol) sont les principales hormones sexuelles féminines

La fonction reproductive

  • Régulation du cycle menstruel (développement de l’endomètre, ovulation),
  • Maturation des organes sexuels (utérus, vagin),
  • Préparation du corps à une éventuelle grossesse.

Le développement pubertaire

  • Apparition des caractères sexuels secondaires : croissance des seins, arrivée des premières règles, développement de la pilosité pubienne, hanches élargies,
  • Croissance et développement du vagin, de l’utérus et des ovaires.

Le périnée et la sphère génito-urinaire

  • Soutient la tonicité, de l’élasticité et de la fonction du périnée,
  • Préservation de l’épaisseur, l’hydratation et la souplesse de la muqueuse vaginale → préserve le confort, la lubrification et la résistance aux microtraumatismes,
  • Préservation d’un pH acide protégeant contre les infections,
  • Protection de l’urètre et soutien de la santé urinaire.

La santé osseuse et cardiovasculaire

  • Protection des os en limitant la dégradation osseuse.
  • Amélioration de la fonction de la paroi des vaisseaux sanguins ce qui favorise la régulation de la pression artérielle.
  • Participation au maintien d’un taux de « bon » cholestérol (HDL-c) élevé et à la prévention de l’athérosclérose.
  • Répartition des graisses différente de celle observée chez les hommes

Le tissu cérébral

  • Participation au bon fonctionnement cognitif (concentration, mémoire) grâce aux effets anti-inflammatoires et antioxydants des œstrogènes.

L’humeur : leur influence s’exerce sur plusieurs neurotransmetteurs du cerveau

  • Sérotonine : neurotransmetteur de la stabilité émotionnelle, du bien-être et de la régulation de l’humeur.
  • Dopamine : neurotransmetteur de la motivation, du plaisir et de l’élan vital.
  • Noradrénaline : neurotransmetteur de la vigilance, de la réaction au stress et de la concentration.

Le sommeil

  • Stabilisation de la température corporelle.
  • Influence sur la mélatonine (hormone du sommeil) et la sérotonine (hormone du bien-être) : endormissement plus facile et sommeil plus profond.
  • Réduction de l’anxiété et l’agitation : état propice à l’endormissement.

La progestérone

  • Préparation de la muqueuse de l’utérus à recevoir un ovule fécondé.
  • Accompagnement de la grossesse : elle produit un effet calmant, empêche l’utérus de se contracter et renforce le col de l’utérus.

La testostérone

  • Stimulation du désir sexuel et de l’excitation.
  • Soutien de la vitalité physique, de l’endurance et de la motivation.
  • Aide à la préservation de la masse musculaire et de la densité osseuse.

L’accompagnement de la ménopause en sexothérapie

La ménopause ne se résume pas à un simple changement hormonal : c’est une véritable transition de vie qui touche le corps, le cœur et la tête. L’accompagnement s’appuie donc sur une prise en charge multidimensionnelle pour retrouver une sexualité ajustée et apaisée.

La sexothérapie offre un espace d’écoute et d’information pour mieux comprendre ce qui se passe.

Le travail vise à favoriser la réappropriation du corps, à renforcer l’estime et la confiance en soi, à accueillir les transformations sexuelles et à accompagner l’émergence d’une sexualité renouvelée. Il soutient également les dynamiques relationnelles et favorise une communication adaptée.

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