À travers ses œuvres monumentales et colorées, Niki de Saint Phalle a célébré le corps des femmes dans toute sa puissance et sa complexité. Ses “Nanas” incarnent une féminité libérée, vivante, parfois provocante qui interroge notre regard collectif sur le désir, la beauté et la liberté du corps.
Ces questions résonnent encore aujourd’hui : comment habiter son corps, s’en réapproprier l’image et en faire un espace de plaisir et de confiance ?
En tant que sexologue clinicienne à Saint-Cloud, j’accompagne les femmes dans ce travail de reconnexion au corps et à la sexualité, au cœur d’un accompagnement en sexothérapie.
Les “Nanas” : des corps en fête qui célèbrent la féminité
Et si l’art devenait un terrain de réconciliation avec notre corps, notre histoire et notre sensualité ?
L’artiste Niki de Saint Phalle, à travers ses œuvres colorées et monumentales, a profondément transformé la manière dont on regarde le corps des femmes, leur désir, leur puissance.
Impossible d’évoquer Niki de Saint Phalle sans parler de ses célèbres Nanas. Ces sculptures aux formes généreuses, joyeuses, dansantes et colorées représentent des femmes puissantes, épanouies, libérées. Elles incarnent une féminité hors du regard masculin : autonome, exubérante, parfois mère, parfois amante, parfois déesse mais toujours entière.

Elles sont multiples, inclassables, flamboyantes. À travers elles, Niki nous rappelle qu’il n’y a pas un corps mais des corps, pas une façon d’être mais des façons d’être.
Dans un monde où les représentations du féminin sont souvent restreintes ou figées, ses œuvres dessinent une multitude de possibles. Les Nanas affirment : « Je suis, et je prends toute ma place». Elles donnent corps, au sens propre comme au figuré, à la diversité des vécus, des désirs, des identités, des formes de liberté.
Le Jardin des Tarots en Italie : un espace symbolique, charnel, sacré
Entre 1979 et 1993, Niki de Saint Phalle réalise une œuvre monumentale en Toscane : le Jardin des Tarots, un parc sculptural inspiré des 22 arcanes majeurs du tarot.
Elle y explore des figures archétypales dont certaines profondément liées au féminin : L’Impératrice, La Papesse, La Force, mais aussi La Lune, la maternité, le mystère, la transformation.


Niki y habite même l’une de ses œuvres, transformant l’art en lieu de vie, de corps, d’expérience. Le Jardin devient alors un espace de réappropriation : de soi, de ses mythes, de son corps, de ses désirs.
Pourquoi évoquer ses œuvres en sexothérapie ?
- Elles interrogent le regard sur le corps féminin,
- Elles offrent une autre représentation du désir, affranchie des normes dominantes,
- Elles mettent en lumière la complexité des liens entre sexualité et maternité, plaisir et liberté, corps intime et corps social.
Dans un accompagnement en sexothérapie, ces dimensions symboliques peuvent être un appui, une inspiration, un miroir.
Elles invitent à imaginer une autre façon d’habiter son corps, de se libérer des injonctions, de créer de nouveaux récits autour de sa sexualité et de son intimité.
Niki de St Phalle au Grand Palais à Paris jusqu’en janvier 2026
Le Grand Palais accueille une exposition singulière : «Niki-de-Saint-Phalle, Jean Tinguely, Pontus Hulten » présentée en collaboration avec le Centre Pompidou. Ces œuvres, issues des collections du Centre Pompidou et de prêts internationaux, explorent la dynamique créative d’un trio artistique iconique du mouvement du Nouveau Réalisme.

