ÉDUQUER À LA VIE AFFECTIVE, RELATIONNELLE ET SEXUELLE : PROTÉGER, OUTILLER ET ÉMANCIPER
L’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS) suscite encore de nombreux débats. Pourtant, elle est inscrite dans le Code de l’éducation depuis plus de vingt ans et prévoit au minimum trois séances annuelles, de l’école primaire au lycée.
Mais surtout, le programme scolaire EVARS ne se limite pas à parler de sexualité.
Il vise à former des enfants et des adolescent·es capables de se connaître, de se respecter, de respecter les autres et de se protéger.
L’ÉCOLE : UN ESPACE D’ÉGALITÉ DES CHANCES
Toutes les familles n’ont pas les mêmes ressources, ni la même facilité à parler d’intimité, de corps ou d’émotions.
Certaines sont très ouvertes, d’autres très pudiques, d’autres encore empêchées par leur propre histoire.
Confier uniquement cette mission aux familles, c’est accepter que certain·es enfants grandissent sans repères fiables.
L’école offre alors :
– Un espace neutre et sécurisé
– Des informations fondées sur des connaissances scientifiques
– Un langage commun pour nommer les choses
– Un cadre protecteur
L’EVARS relève d’une logique de coéducation : l’école complète le rôle des parents, elle ne le remplace pas.
PRÉVENIR LES VIOLENCES COMMENCE TRÈS TÔT
Les données récentes montrent une réalité préoccupante : la majorité des violences sexuelles subies par les enfants sont commises par des personnes connues et très souvent au sein de la famille.
Selon la synthèse du rapport de la CIVISE (novembre 2023) :
– Dans 81 % des cas de violences sexuelles incestueuses, l’agresseur est un membre de la famille.
– Dans 22 % des cas, l’agresseur est un proche de l’enfant ou des parents.
– Seuls 8 % des violences sexuelles sont commises par un inconnu.
Ces chiffres soulignent une vérité difficile mais essentielle : le danger n’est pas uniquement extérieur.
C’est pourquoi l’EVARS, dès le plus jeune âge, travaille notamment sur :
– La connaissance des parties du corps
– La distinction entre parties intimes et non intimes
– Le droit de dire non
– L’identification d’un adulte de confiance
– La capacité à demander de l’aide
Ce sont des apprentissages de protection.
NOMMER, C’EST DÉJÀ PROTÉGER
Un enfant qui sait nommer son corps possède des mots.
Et avoir des mots, c’est pouvoir dire.
– Dire ce qui fait plaisir.
– Dire ce qui dérange.
– Dire ce qui fait peur.
– Dire ce qui ne va pas.
Sans vocabulaire, la parole reste bloquée.
L’EVARS permet d’ouvrir cette possibilité d’expression.
LE CONSENTEMENT : UN PILIER FONDAMENTAL
Le consentement est enseigné bien avant toute question de sexualité.
À travers des messages simples :
– Je peux accepter ou refuser un contact
– Mon avis compte
– Personne n’a le droit d’exiger quelque chose de moi
– Je peux changer d’avis
Ces bases construisent des adultes capables de relations plus respectueuses.
EVAR À L’ÉCOLE ÉLÉMENTAIRE ET EVARS AU COLLÈGE / LYCÉE : UNE CONTINUITÉ
À l’école élémentaire, l’EVAR (éducation à la vie affective et relationnelle) se concentre sur :
– La connaissance de soi
– Le respect du corps
– L’identification des émotions
– L’estime de soi
– L’égalité filles-garçons
– La prévention des violences
– L’apprentissage du consentement
Les questions de sexualité au sens strict n’y sont pas abordées de manière directe.
Au collège et au lycée, l’EVARS (éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle) prolonge ces bases en intégrant plus explicitement :
– La puberté
– Les relations amoureuses
– La contraception
– Les IST
– L’orientation sexuelle
– L’identité de genre
– Les droits sexuels
Il s’agit d’un cheminement progressif et cohérent, adapté à l’âge.
LA SANTÉ SEXUELLE : UNE VISION POSITIVE
La santé sexuelle ne se résume pas à éviter les maladies ou les grossesses non désirées.
Elle inclut :
– L’autonomie
– Le consentement
– L’égalité
– La réciprocité
– Le respect
– La sécurité
– La satisfaction
Elle repose sur l’idée que chacun·e mérite une vie affective et sexuelle respectueuse et épanouissante.
EVARS : UNE ÉDUCATION À L’HUMANITÉ
Au fond, l’EVARS parle :
– D’amour
– De respect
– De dignité
– De liberté
– De responsabilité
Elle ne vole rien à l’enfance. Elle protège l’enfance.
Refuser l’EVARS, ce n’est pas empêcher les enfants de grandir C’est les laisser grandir sans repères.
Soutenir l’EVARS, c’est faire le choix d’une société où les individus savent se respecter, poser leurs limites et reconnaître celles des autres. C’est un choix de protection, de prévention et d’humanité
FORMER ET ACCOMPAGNER LES ENSEIGNANT·ES : UNE CONDITION ESSENTIELLE À LA QUALITÉ DES SÉANCES
Si l’EVAR/EVARS est aujourd’hui inscrite dans les missions de l’Éducation nationale, sa mise en œuvre concrète dépend beaucoup du sentiment de légitimité, de sécurité et de compétence des enseignant·es. Beaucoup expriment le souhait d’aborder ces thématiques mais peuvent se sentir démuni·es face à la sensibilité des sujets, à la peur de « mal dire » ou aux réactions possibles des élèves et des adultes. Former et accompagner les enseignant·es qui le souhaitent est donc un levier majeur : cela leur permet d’acquérir des connaissances actualisées, des repères pédagogiques, des outils d’animation adaptés à l’âge des élèves et un cadre clair pour sécuriser les échanges. Cet accompagnement favorise des séances plus sereines, plus cohérentes et plus protectrices et renforce la confiance des professionnel·les dans leur capacité à jouer pleinement leur rôle. Investir dans la formation et légitimer l’accompagnement c’est investir dans la prévention.
DES RESSOURCES
Lecture pour petits et grands enfants, et leurs parents

